Coup de projecteur sur les générations

La confrontation entre deux remarquables films sur la crise des subprimes,
« 99 Homes » et « The big Short », est l’occasion de se pencher sur la question des générations. En effet, on peut considérer chacun de ces films comme le représentant d’une tranche âge, l’un plutôt “baby-boomer” l’autre “génération Y”. L’idée est de comprendre leurs points forts respectifs.

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Notons avant tout qu’il n’y a pas d’opposition entre eux. Tous deux dénoncent une injustice. Du point de vue de la chronologie, les films pourraient se suivre. « The big Short » se déroule en amont de la crise, « 99 homes » en aval. S’il nous semble difficile d’apprécier personnellement les deux films, cela ne fait pas automatiquement de l’autre un navet. De même, l’angle d’attaque d’une génération ne sera pas celui de l’autre, mais il ne s’oppose pas pour autant. Nous vous invitons à voir ces deux films pour en ressentir les différences. Plutôt qu’un traité sur les caractéristiques des générations, vous trouverez donc ici quelques éléments de mise en bouche.

« 99 homes » est organisé autour de deux personnages : le méchant et notre « héros » en proie aux tourments. Néanmoins, les repères moraux sont clairs. « The big Short » déborde d’antihéros. Vous savez, ces gens attachants et pourtant qui ne sont pas des modèles de vertus, des personnages ambigus, mais réalistes. C’est là une première différence générationnelle, moralisme ou pragmatisme? Pourtant, à nouveau, n’y voyez pas d’opposition, l’idéal de l’un et l’autre n’est pas si éloigné.

Le rythme des films est aussi radicalement différent. « The big Short » est réglé comme un clip vidéo. Vous allez perdre le fil, puis le réalisateur va vous laisser 30 secondes pour respirer… avant de reprendre. « 99 homes » est lent, lourd, il construit une densité dramatique. À chacun son rythme. Pour certain, la rapidité sera synonyme de superficialité, pour d’autre la lenteur équivalant à l’ennui. Pourtant, le rythme est parfaitement adapté à chacun des films.

Dernier exemple, « 99 homes » est émotionnel, « The big Short » est ludique. Dans « 99 homes », vous serez invités à développer de l’empathie pour les personnages, dans « The big Short », c’est de la sympathie. Le premier demande un engagement personnel, l’autre produit un décalage tinté de cynisme. Cette caractéristique se retrouve dans la chute de chacun des deux films, mais impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler.

Prenez ne temps de comparer les deux films et engageons la discussion sur les différences entre générations. De quel film êtes-vous le plus réceptif? Cet article vous a-t-il permis d’apprécier un autre point de vue? Nous attendons vos avis sur facebook ou par mail.